Projet
Les jours qui suivirent cette dispute furent parfaits, Bella était heureuse, donc moi aussi. Et puis il y avait la fin de l'année qui approchait, même si elle ne signifiait pas la même chose pour nous deux, c'était quand même avec impatience que nous attendions la délivrance. Elle car quoi qu'il arrive elle serait vampire d'ici peu. Moi, car, je savais qu'elle voulait que ce soit moi qui la transforme (comme ça je marquais mon accord pour qu'elle me suive partout pour l'éternité). Et comme lui voler sa vie, son âme, me répugnait ; je pourrais peut-être marchander une ou deux années à la fac. Peut-être même qu'elle s'y plairait tellement qu'elle voudrait restée humaine un an de plus ? Mais là je me laissais emporter par mon imagination. Si j'arrivais à reculer l'échéance ne serais-ce que d'un an, ce serait déjà formidable, vu la tête de mule qu'elle était. Quoi qu'il en soit nous étions tout les deux de très bonne humeur à l'heure du déjeuner. « Ho non il me reste encore toute la branche de ma mère... je me demande si Bella a finit... » Comme souvent en ce moment, les pensées d'Angela concernait les invitations à la remise des prix. J'aimais beaucoup Angela, elle était douce et gentille avec Bella, amicale envers Alice - amicale envers un vampire ! Elle nous avait accepté. Par respect pour sa vie privée autant que par gratitude, j'évitais de lire ses pensées ; quand cela se produisait, je ne découvrais que des pensées amicales, sa curiosité était réelle. Pas comme Jessica qui elle, voyait en Bella, une source de ragots.
Je portais le plateau de Bella jusqu'à notre table habituelle, quand Angela questionna Bella :
─ As-tu déjà envoyé tes cartons d'invitation ?
─ Non. C'est inutile. Renée est au courant, et je n'ai personne d'autre à prévenir.
« Qu'elle chance ! »
─ Et toi, Alice ?
─ J'ai terminé, répondit ma s½ur en souriant.
« Comme si j'allais fêter ça ! Par contre Bella... ». Mais Angela coupa ses cogitations sur une éventuelle fête pour Bella.
─ Qu'elle veine ! Ma mère a des milliers de cousins et exige que je rédige à la main une invitation à chacun. Je vais me coller un syndrome du canal carpien. Je redoute l'épreuve, or je ne peux plus la reculer.
─ Je t'aiderais. Si tu ne crains pas mon écriture abominable.
Je souris, voilà qui était bien. Elle allait obéir à son père sans pour autant fréquenter des loups-garous. Elle m'observa du coin de l'½il, en pensant que je ne la voyais pas. Son visage exprimait une sorte de ... je ne sais comment exprimer ça. Mais je su qu'elle lisait en moi, parfois nous nous comprenions sans avoir besoin de mot. C'était toujours des instants magiques...
─ Comme c'est gentil ! « Merci mon Dieu d'avoir crée une personne aussi gentille ! » (Je ne pouvais qu'être d'accord) Dis-moi quand je peux passer.
─ Je préférerais qu'on fasse cela chez toi, si ça ne te gêne pas. Je suis lasse de mes quatre murs. Charlie a levé ma punition hier soir.
─ Vraiment ? Toi qui te croyais condamné à vie !
─ Je suis aussi étonnée que toi. J'étais sûre qu'il ne relâcherait pas le garde avant le bac.
─ En tout cas, c'est génial, Bella. Il faut que nous fêtions ça !
─ Tu n'imagine pas comme je suis heureuse.
─ Voyons un peu, pépia Alice ; que j'avais presque oublié, tant elle était discrète. Comment pourrions-nous célébrer la bonne nouvelle ? « Peut-être une virée à Paris ? Histoire de fêter ça sous la Tour Eiffel ? Je suis sûre qu'elle n'y est jamais allée ... »
Mais ses pensées furent de nouveau interrompue, par Bella cette fois :
─ Quels que soit tes projets, je doute d'être libre de mes mouvements à ce point.
─ Ton père a levé ta punition, oui ou non ? « Enfin Edward dit-lui toi ! Dis-lui qu'elle faut qu'elle sache s'amuser un peu !! »
Je levais les yeux au ciel, ce dont personne ne s'aperçu. Mais ce qu'Alice avait oublié, c'est que Bella était une fille responsable.
─ Oui. N'empêche, il y a encore quelques restrictions. Ne pas sortir des Etats-Unis, par exemple.
Angela et Ben s'esclaffèrent mais Alice était déçu, je ne pus m'empêché de sourire devant son air boudeur. « Son père acceptera quand même une petite soirée... » Elle n'allait pas abandonner comme ça. Elle se concentra brièvement sur le futur, pour voir si une fête aurait lieu ou non. Je perçu une image ou Bella nous regardait jouer, Alice et moi, au échec ; chez nous. Mais pas de grandes extravagances. Malgré tout elle continua à insister, si Bella acceptée, le futur se modifierait.
─Alors, qui fait-on ce soir ?
─ Rien. Ecoute, attendons quelques jours pour nous assurer qu'il ne plaisante pas. De toute façon, nous sommes en milieu de semaine.
─ Très bien ! On organisera quelque chose ce week-end.
─ C'est ça.
Mais bien entendu, c'était juste pour calmer Alice et ses pensées fêtarde. Bien sûr je n'étais pas contre une petite soirée chez moi –ce que ma s½ur avait vue- mais cela me suffisait amplement.
Angela et elle commencèrent à parler d'une sortie en ville, Ben replongea dans sa Bande Dessinée, tandis que j'essayais de comprendre pourquoi un air triste commençait à s'installer sur le visage d'Isabella. D'accord Alice voulait faire une fête, mais généralement Bella trouvait ça amusant de voir son enthousiasme déborder.
─ Alice ? Alice ?
La voix d'Angela me tira de mes pensées, aussitôt, je cherchais celles d'Alice. Ce qu'elle vit du futur me laissa... il n'y a pas de mot pour décrire l'horreur qui me submergea.
Victoria. Alice la voyait, nous la voyions, ici, à Forks, devant Bella. Dans un moment de pareille horreur, une seule chose pouvait encore m'atteindre ; Bella. Si elle remarquait mon visage était soudain empli de colère, de peine, de consternation ; elle poserait des questions. Je devais la protéger. La protéger de la réalité. Alors, j'éclatais de rire. Quelque chose de naturel, dans une situation naturelle, quatre adolescents déjeunant à la cafétéria. Mais pour quand même la faire réagir, je donnais à ma s½ur un coup de pieds sous la table. Elle tressaillie, mais resta figée dans sa stupeur. Je poussais mon humanité jusqu'au bout, jouant l'indifférence quand un danger si grave menaçait l'élue de mon c½ur froid.
─ Tu fais déjà la sieste, Alice ?
Se moquer des gens était chose naturelle chez les humains. Enfin elle réagit.
─ Désolée, je rêvassais.
─ C'est toujours mieux qu'affronter encore deux heures de cours... commenta Ben dont la présence m'était sortit de l'esprit.
Alice réintégra la discussion avec un peu trop d'entrain. Une seule fois nos regards se croisèrent, et ce qu'elle pensa fit sur moi l'effet d'une bombe ; je savais ce qu'elle allait dire, ce qu'elle allait penser, mais quand elle le fit, malgré ma préparation je ne pus retenir un frisson : « Elle arrive ».
Muet comme une carpe, je jouais avec les cheveux de Bella. Tout en elle me faisait penser à un miracle. Tout était beau chez elle. Je le savais depuis longtemps, mais la pensée que Victoria arrivait, et que je n'arrivais pas à écarter Bella, me le montrait plus clairement que jamais.
Et si elle s'était rendue compte que l'absence d'Alice n'était pas due à une inattention ? Et si elle avait remarqué qu'Alice avait eu une vision ? Mes soupçons se transformèrent en certitudes, quand je sentis son corps se figé contre le mien. Aussi, durant tout le reste de la journée je me débrouillais pour ne pas rester seule avec elle, allant jusqu'à proposer mon aide à Mike Newton pour sa voiture qui avait des ratés...
─ Elle refuse de démarrer, pourtant je viens de changer la batterie. « Comment ça ce fait qu'il me parle je pensais qu'il me haïssait ? Ou alors il veut se la péter près de Bella ? ».
Il n'avait pas tort sur les deux tableaux. Oui, je le détestais et non, c'était juste pour protéger Bella d'une terrible, et pourtant réelle, fatalité.
─ Un problème de câbles, peut-être ?
« C'est vraiment étrange... Bella aussi a l'air étonné... »
Ainsi donc elle avait remarqué mon comportement particulier. Mais aussi, il aurait été stupide de penser qu'elle puisse ne pas remarquer que, tout à coup, je me montrais amical envers mon ancien rival.
─ Je n'y connais rien en bagnoles. Je devrais porter la mienne au garage. Malheureusement, Dowling est trop cher.
« Mais bien sûr toi tu t'y connais Mr. Parfait ? »
Son étonnement n'avait pas entièrement enfouis la haine que nous partagions l'un pour l'autre.
─ Je me débrouille un peu. Je jetterais un coup d'½il, si tu veux. Le temps de ramener Alice et Bella à la maison, et je suis ton homme.
Où plutôt ton vampire. J'eus un petit sourire suite à cette pensée.
« Je le savais qu'il allait me proposer ses services, mais là, même pas en rêve ! Il ne touchera pas à ma voiture ! Qui sait si je la reverrais un jour ?! »
─ Euh... merci. Il fait que j'aille bosser, là. Une autre fois, peut-être. « Ou peut-être pas, pove nul »
Je fus surpris par la différence entre ses pensées, assurées ; et sa voix, hésitante.
─ Pas de soucis ! Dis-je d'une voix faussement enjouée, alors qu'en ce moment rire était ma dernière envie.
Alice nous attendais dans ma Volvo. « Tu lui à dis ? » je fit rouler mes yeux de droite à gauche, en signe de négation.
« Je vais t'aider, mais tu devrais lui dire. »
─ Qu'est-ce que ça signifie ?
Bella n'était pas dupe, je lui répondis de la même façon, en murmurant, et en lui tenant la portière.
─ Je rends service, c'est tout.
Alors, Alice commença à nous débiter un discours sur la mécanique, Rosalie, sur le fait qu'elle voulait sa Porsche Jaune que je lui avais promise. Bella n'écoutais pas du tout, moi, qu'à moitié. Arrivé devant notre villa je déposais Alice à l'entrer du chemin. « Tu vas lui en parler, non attend –elle se concentra brièvement- non tu ne vas pas le faire, et pourtant tu vas lui dire, c'est claire comme de l'eau de roche. » J'hochais le menton, ma manière de lui dire de rentrer. Moi aussi j'étais certain de devoir lui dire, un jour, mais pas aujourd'hui, je ne pouvais m'y résoudre alors que la vision d'Alice ne se réaliserait que dans plusieurs semaines, ou même pas du tout. Je m'accrochais à cet espoir de toutes mes forces, priant, pour qu'il n'arrive rien à Bella.
Un silence de mort régnait dans la Volvo quand nous arrivâmes devant la maison du chef Swan.
─ Pas beaucoup de devoirs, ce soir. Je faisais des commentaires inutiles pour la distraire. Même si mon mensonge était prêt, je redoutais ses questions.
─ En effet.
─ A ton avis, suis-je de nouveau autorisé à entrer ?
─ Charlie n'a pas piqué sa crise lorsque que tu es passé me chercher ce matin.
Nous montâmes directement dans sa chambre. Je m'allongeais sur son lit, ignorant totalement son exaspération, qu'elle affichait clairement.
Elle mit en marche son ordinateur, son antiquité. Je lui en aurais bien acheté une autre, mais elle ne supportait pas que l'on dépense pour elle. Alors j'attendis comme elle que l'engin se mette en marche. Impatiente, ses doigts tambourinaient le bureau en un staccato. Je m'approchais sans bruit et posais ma main sur la sienne
─ Serait-on impatiente, aujourd'hui ?
Elle releva la tête, prête à répliquer ; mais mon visage à seulement quelques centimètres du sien, la coupa dans son élan. Son c½ur eu un raté. Je m'approchais doucement, et posais mes lèvres sur les siennes.
Si j'avais pu, j'aurais passé l'essentiel de mon temps à embrasser Bella. De tout ce que j'avais vécu, rien n'était comparable à cette sensation. Mais Victoria revenait, et chaque regard, chaque baiser, me donnait l'impression d'être le dernier. Aussi je lâchais un peu ma garde. Mes doigts fourragèrent dans ses cheveux. Ma deuxième main glissa le long de son dos et amena son corps plus près du mien, tandis que ses mains crochetaient ma nuque. Une vague de désir me submergea, mais elle frissonna. Mon corps glacé déclenchait ses réactions d'humaine. Je la relâchais, consciente que je l'écarterais dans peu de temps, elle se colla à moi, sa langue passant mes lèvres comme une caresse. A contre c½ur, alors que tout en moi voulait rester avec elle, contre elle pour l'éternité ; je l'éloignais de moi, brisant sans effort l'étau de ses bras. Elle y avait mis toutes ses forces, un petit rire m'échappa. La vague ne s'était pas encore retirée, mais sa sécurité passait avant tout. Je soupirais.
─ Ah, Bella !
Pourquoi fallait-il qu'il n'y ai que moi pour contrôler mon désir ?
Pourquoi fallait-il qu'elle me désir autant, me rendant la tâche si difficile ?
─ Je m'excuserais si j'étais désolée, mais ce n'est pas le cas.
─ Ce que je devrais regretter, ce qui n'est pas le cas non plus.
Bien sûr je n'aurais pas dû être heureux, content qu'elle me désir autant. C'était dangereux pour elle. Mais c'était une preuve de plus qu'elle m'aimait, comme je l'aimais. Elle m'aimait de tous les amours, tantôt j'étais le grand frère, l'ami, auquel elle se confiant ; tantôt le garçon qu'elle aimait, avec les côtés nobles et moins nobles de l'amour. Mais c'était sa sécurité qui primait.
─ Je crois que je vais retourner sur le lit.
─ Si tu estimes que c'est nécessaire.
Je lui souris, son petit c½ur s'affola. Puis je me dégageais, pour aller m'asseoir sur son lit.
Sa machine gémissait, elle devait répondre aux e-mails de Renée. J'attendais avec impatience qu'elle réponde à ce mail.
Tout simplement car Charlie avait dit à Renée, de demander des nouvelles de Jacob à Bella. Je voulais savoir comment elle réagirait.
Elle mit longtemps à répondre, elle rassura sa mère, puis je m'approchais en silence pour voir ce qu'elle écrivait sur ce qui m'intéressait.
Jacob va bien, je crois. Je ne la vois guère ; il passe la plupart de son temps avec une bande d'amis à La Push.
Elle ajouta mon salut et cliqua sur envoyer. Alors mon regard se posa sur la boîte noire qui avait été arraché à son tableau de bord. C'était la radio que nous lui avions offert. Ce qui me rappela qu'Esmée lui avait offert des billets d'avion pour aller voir sa mère. Si nous partions, Bella serait à l'abri de Victoria pendant au moi deux jours. Alice ne savait pas quand cette dernière reviendrait, ça pouvait être ce week-end ou dans un moi. Je décidais de jouer la carte de la prudence. Nous partirions en Floride chez sa mère, ce week-end.
Je savais que Bella ne se serait pas très entrain à quitter son père sitôt après que celui-ci l'est pardonné. Mais il s'agissait de sa vie. Même si lui faire du mal me répugnait, il le fallait. Je décidais de ne pas y aller directement, alors, en prenant un air faussement tragique, je m'horrifiais sur cet ancien cadeau.
─ Nom d'un chien ! Que lui as-tu fais subir ?
─ Je n'arrivais pas à l'extraire de son tableau de bord.
─ Alors, tu t'es sentie obligé de la torturer ?
─ Je ne suis pas douée avec les outils, tu le sais. C'était involontaire.
─ C'est un meurtre, oui !
─ Bah
─ Ils seraient blessés s'ils l'apprenaient. Heureusement que ta punition t'a tenue loin de chez nous. Je vais devoir le remplacer avant qu'ils ne remarquent quelque chose.
─ C'est gentil, mais j n'ai pas l'usage d'un appareil aussi sophistiqué.
─ Ce n'est pas pour toi que j'en rachèterais un.
Elle soupira. Je passais à l'attaque.
─ Tu as vraiment maltraité tes cadeaux. Dis-je en m'éventant avec le petit rectangle plat qui contenait les billets.
Elle ne dit rien. Comme moi elle devait être réticente à aborder le sujet de son dernier anniversaire. Je continuais.
─ As-tu conscience qu'ils sont sur le point d'expirer ?
Elle répondit d'une vois neutre.
─ Non. Je ne me souvenais même plus que je les avais.
Bien, elle n'avait pas encore refusé. A moins qu'elle n'est pas encore comprit où je voulais en venir, j'étais prudent.
─ Il nous reste encore un peu de temps. Tu n'es plus punie, et nous n'avons aucun projet pour ce week-end, puisque que tu refuse d'être ma cavalière au bal de fin d'année –elle grimaça. Et si nous fêtions ta liberté retrouvée ainsi ?
─ En rendant visite à Renée ?
─ Il me semble t'avoir entendue di que le territoire américain t'étais permis.
Elle me toisa avec suspicion, cherchant à découvrir une raison à cette étrange proposition. Je tâchais de garder un visage impassible, qui ne trahissait rien.
─ Alors ? Insistais-je. Oui ou non ?
─ Charlie s'y opposera.
Je m'étais préparé à un argument de ce genre, ma réplique était prête.
─ Il n'a pas le droit de t'interdire e voir ta mère. De plus, elle a officiellement ta garde.
─ Personne n'a ma garde. Je suis majeur.
─ Certes.
Cet argument de plus était en ma faveur. Elle m'en faisait cadeau. J'attendis patiemment qu'elle délibère, seule, dans sa tête, en proie à un conflit avec elle-même. D'un côté elle mourrait d'envie de voir sa mère. De l'autre, elle n'avait pas envie de se fâcher avec son père.
─ Pas ce week-end, finit-elle par décréter.
─ Pourquoi ?
─ Je refuse de me battre avec Charlie. Pas si tôt après qu'il m'a pardonné.
─ Moi, je trouve que ce serait parfait.
─ Non. Une autre fois.
─ Tu n'es pas la seule à avoir été confinée dans cette maison.
C'était poussé un peu loin mon habilitée à mentir. Pour plusieurs raisons c'était un malhonnête. Premièrement, qu'importe où on était, du moment qu'on était ensemble le reste m'importait peu. Et deuxièmement, tout le temps –sauf quand ça mettait sa vie en danger comme ici- je lui cédais ses moindres désirs, je lui accordais tout. Elle m'aurait demandé la Lune, j'aurais essayé. Pour elle.
─ Tu peux aller où bon te semble.
─ Le monde sans toi ne m'intéresse pas.
Ce n'était que vérité. Le monde sans elle...
Bella leva les yeux au ciel.
─ Je suis sérieux, protestais-je.
Comment pouvait-elle douter de cela ?
─ Commençons doucement, d'accord ? Par un film à Port Angeles par exemple...
Si elle n'était pas d'accord, je ne pourrais rien y changé, et je le savais, elle était bien trop têtue.
─ Laissons tomber. On en reparlera une autre fois.
─ Tout a été dit à ce propos.
J'haussais les épaules, je n'avais pas dis mon dernier mot.
─ Parfait. Autre chose : qu'est-ce qu'Alice a vu aujourd'hui, au déjeuner ?
Ainsi donc, elle s'en était rendu compte. Mais j'aurais dû m'en douter, elle était tellement observatrice.
─ Jasper. Dans un drôle d'endroit. Quelque part dans le sud-ouest, d'après elle. Pas loin de son ancien clan. Or, il n'a aucune intention consciente de retourner là-bas. Cela l'inquiète.
─ Oh !
C'est bon, elle m'avait cru.
─ Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ?
─ Il m'avait échappé que tu t'en étais aperçue. De toute façon c'est sûrement sans importance.
Nous descendîmes au rez-de-chaussée pour faire nos devoirs. Je finissais les miens en quelques minutes, j'en profitais pour l'aider dans les maths, et réfléchir au moyen de la convaincre d'aller en Floride ce week-end.
Puis, vint l'heure où elle prépara le dîner pour Charlie, je grimaçais devant les ingrédients qu'elle utilisait. Tout cela sentait tellement, tellement... mauvais !
Enfin Charlie arriva, il était d'excellente humeur. Tant mieux, cela me laissais plus de chances pour mettre mon plan à exécution. Avant que Bella ne serve, j'inventais un soi-disant sandwich, déjà avalé, et filait regarder les informations dans le salon. Contrairement à ce que je croyais, je ces dernières m'intéressèrent. Il y était question de plusieurs meurtres, toujours à Seattle, le meurtrier n'avait pas encore été retrouvé. C'était l'½uvre d'un nouveau né, sans doute aucun. Mais le bilan s'alourdissait, me vint alors une pensée terrifiante, et si ce n'était pas qu'un nouveau né ? Si s'en était plusieurs ? Plus j'y pensais, plus j'en étais convaincu. Il y avait trop de morts pour les attribuer tous à un seul vampire. Oh non ! Pourquoi fallait-il que ça recommence ? Pas une nouvelle guerre ! Car si guerre il y avait, les Volturis viendrait régler le problème eux-mêmes, et s'ils découvraient que Bella était encore humaine... je fus tiré de mes pensées pas d'autres, presque aussi déplaisantes. « On va aller chez Jacob, sa lui changera de Edward, il paraît que lui et sa famille ne mettent jamais les pieds à La Push. »
Je décidais de rejoindre Bella à la cuisine pour l'aider dans la vaisselle. Je m'emparais d'un torchon, Charlie soupira mais n'insista pas. « Après tout, c'est leur vie. Ils auront tout les deux, leurs déceptions en amour... je ne dois plus m'en mêler » C'était le moment idéal pour attaquer. Il venait de dire qu'il ne se mêlerait plus de notre vie, nous pouvions donc aller en Floride sans son accord.
─ Charlie ?
Il stoppa net. « Que me veut-il encore lui ? »
─ Oui ?
─ Bella vous a-t-elle dit que mes parents lui avaient offert des billets d'avion à son anniversaire afin d'aller voir Renée ?
De surprise, Bella laissa tomber l'assiette qu'elle était entrain de laver. En chutant elle nous aspergea tous d'eau savonneuse. Charlie ne s'en aperçu pas.
─ C'est vrai, Bella ?
─ Oui.
Il se tourna de nouveau vers moi.
─ Je n'étais pas au courant, non.
─ Je vois, murmurais-je, diabolique...
─ As-tu une raison de soulever la question aujourd'hui ?
« Tu vas me l'enlever, hein ? »
─ Leur validité est sur le point d'expirer, expliquais-je. Je crains qu'Esmé ne se vexe si Bella n'utilise pas son cadeau. Certes, il suffirait de lui dissimiler, mais...
« Ce n'est pas une si mauvaise idée... ça fait longtemps qu'elle n'a pas vu sa mère, elle doit lui manqué... »
─ Ce ne serait pas une si mauvaise idée que tu rendes visite à ta mère, Bella. Elle serait contente. Je ne comprends pas pourquoi tu ne m'en as pas parlé.
─ J'ai oublié, marmonna-t-elle.
Ou plutôt elle avait voulu oublier.
─ Edward, tu as mentionné des billets. Combien il y en a-t-il exactement ?
─ Un pour elle et... un pour moi.
Cette fois l'assiette tomba au font de l'évier. Charlie soupira. « J'en étais sûr... Et si...» alors une image vint apparaître dans sa tête : Bella le ventre arrondis, le visage déformé par la douleur, moi, le dos tourné, l'abandonnant.
─ C'est hors de question ! S'emporta soudain Charlie. « Tu vas pas la mettre enceinte ! »
─ Pourquoi ? Insistais-je –et j'eu énormément de mal à ne pas m'écrier quelque chose qui ressemblerait à « ne vous inquiétez pas ! Elle ne sera pas enceinte ! ». Rassemblant mes idées, je poursuivais. Vous venez de dire que ce serait une bonne idée que Bella voit sa mère.
─ Tu n'iras nulle part avec ce garçon, jeune fille ! Continua son père, m'ignorant totalement, bien qu'une petite part de son cerveau pansait toujours à moi avec une haine absolue.
─ Je ne suis plus une enfant, papa. Et je ne suis plus punie, je te rappelle !
Ce que Bella et moi avion redouté allait se produire, elle allait se disputer avec son père.
─ Oh que si ! A partir de toute suite.
─ En quel honneur ?
─ Parce que je l'ai décidé. « Et parce que tu n'iras pas coucher avec ce type ! »
─ Je te signale que je suis majeur.
─ Ceci est ma maison. Tu obéis à mes règles !
─ Ah oui ? Sa vois colérique vira soudain au glaciale. Tu veux la jouer ainsi ? Très bien. Quand souhaites-tu que je parte ? Dès ce soir ? Ou ai-je quelques jours pour emballer mes affaires ?
Le sang monta au visage de Charlie, l'empourprant de rage et de honte. Bella inspira profondément pour se calmer.
─ Je ne protesterais jamais contre une punition tant qu'elle sera méritée. Mais je refuse de faire les frais de tes préjugés.
En guise de réponse, il ne put qu'articuler des phrases incohérentes, au contraire, ses pensées étaient parfaitement claires, et pleine de tristesse. « Mais c'est pour ton bien, je suis ton père ! ». Bella poursuivit.
─ Tu sais très bien que j'ai le droit de voir maman ce week-end. Tu ne t'y opposerais pas si j'y allais avec Alice ou Angela.
─ Des filles, lâcha-t-il.
─ Réagirais-tu ainsi si je partais avec Jacob ?
Comme à chaque fois qu'elle prononçait son nom, je me renfermais. Son père, lui, ne savait que dire. « Non, bien sûr que non ! Mais ce n'est pas pareil, ils ne sont pas ensembles ! Et Edward est tellement plus mûr, et si... il avait envie de... » Ces pensées éveillèrent de drôles de sentiments en moi. Je n'y avais jamais réellement pensé, enfin, si un peu tout de même, mais... pouvais-je rien qu'envisager de... non. C'était bien trop dangereux pour elle, quand elle serait immortelle, oui. Charlie se ressaisit.
─ Oui. Cela m'ennuierais aussi.
─ Tu mens mal, papa.
─ Bella...
─ Ce n'est pas comme si j'allais à Las Vegas pour assister à un spectacle cochon. C'est maman, dont il s'agit. Elle est tout autant responsable de moi que tu ne l'es.
« Ah bien sûr ! Même si c'est toi qui veille sur ta mère depuis toujours, elle peut s'occuper de toi ! »
─ Serais-tu en train de suggérer que maman n'est pas capable de veiller sur moi ?
Il tressaillit.
─ Méfie-toi que je ne lui rapporte ça.
─ Tu n'as pas intérêt. Tout cela ne me plait pas, Bella.
─ Cesse de te montrer bourrichon, et ça ira mieux ! Mes devoirs sont terminés, tu as dîné, la vaisselle est faite, et je ne suis plus punie. Je sors. Je serais rentrée avant 22H30.
─ Où vas-tu ?
─ Je n'en sais rien. Je resterais dans un rayon de quinze kilomètres. D'accord ?
─ Mrgn,
« Il va falloir que nous ayons une discussion sur le ... sexe aaah » Ainsi il voudrait donner une leçon sur le sexe à Bella ? ... intéressant.
Il sortit de la cuisine à grands pas.
─ Nous sortons ? Murmurais-je d'une voix ravie.
C'était parfait. Même si je n'avais pas aimé la voir se quereller avec Charlie, nous allions en Floride ce week-end, elle était hors de danger. Et pour finir, une soirée nous attendait. Mais si moi j'étais d'excellente humeur, elle non.
─ Oui. J'ai deux mots à te dire en privé.
Elle attendit que nous soyons dans la voiture pour exploser.
─ Qu'est-ce qui t'a pris ?
Elle n'imaginait pas à quel point sa colère était adorable.
─ Je sais que tu as envie de revoir ta mère, Bella. Tu en as parlé en dormant. Tu t'inquiètes pour elle.
─ Ah bon ?
Se fut comme si je lui avais vidé un sceau d'eau froide sur la tête.
─ Oui. Comme tu avais la frousse d'affronter Charlie, je me suis borné à intercéder en ta faveur.
─ Tu plaisantes ? Tu m'as jeté dans la fosse aux lions, oui ?
─ Je n'ai pas eu l'impression que le péril était si grand.
Par rapport à ce qui l'attendait en rentrant, ce n'était vraiment rien.
─ Je t'avais pourtant averti que je ne voulais pas me disputer avec mon père.
─ Tu n'y étais pas forcée.
Ce n'était pas moi qui l'avait obligé à haussé la voix.
─ C'est plus fort que moi. Quand il se met à être injuste, mes instincts adolescents reprennent le dessus.
─ Je n'y suis pour rien, rigolais-je.
Comme ce devait être étrange... des instincts adolescents.
Je contemplais la nuis tranquillement. Un silence paisible s'installa. Bella le rompit. Les humains n'aimaient pas le silence.
─ L'urgence soudain d'une visite en Floride aurait-elle un lien avec la fête chez Billy ?
─ Du tout. Que tu restes ici ou que tu sois à l'autre bout du monde n'y changerais rien : tu n'irais pas.
Elle serra les poings, serra les dents, tout en ce mordant les lèvres –sans doute pour s'empêcher de hurler.
Je soupirais.
─ Bon, où va-t-on ?
─ Chez toi ? Je n'ai pas vu Esmé depuis longtemps.
─ Cela lui fera plaisir. Surtout quand elle apprendra où nous allons ce week-end.
Vaincue, elle ronchonna le reste du trajet.
J'aime bien ce chapitre... et vous ??